Catéchèses

Soyez donc miséricordieux !

Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pareillement pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi en font autant. Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Des pécheurs aussi prêtent à des pécheurs, afin qu’on leur rende l’équivalent. Pour vous, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour ; et votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, qui est bon aux ingrats et aux méchants. Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. (Luc 6, 31-36)

Le texte de l’évangile du 19ème dimanche après la Pentecôte est extrait du Sermon du Seigneur sur la Montagne, tel qu’il a été relaté par Saint Luc. Cette exhortation à l’accomplissement du bien commence par ce qu’on appelle la règle d’or : « ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pareillement pour eux ». Cette règle, aussi élevée soit-elle, n’est pas le sommet de la vertu, mais le point de départ dans le chemin vers la perfection qui est mentionnée dans le dernier verset du texte : « soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». La miséricorde de Dieu est le modèle de la véritable perfection et non l’Homme, car l’Homme, en tant que créature, est limité alors que Dieu, le Créateur, transcende la création. La prédication du Christ accomplit la parole du psalmiste : « J’ai vu des bornes à tout ce qui est parfait ; ton commandement n’a point de limites » (Psaume 118, 96).

Il existe un lien très fort entre l’accomplissement du bien et la prière, comme le dit l’archange Raphaël : « Précieuse est la prière unie au jeûne, à l’aumône et à la justice » (Tobie 12, 8 la Septante). Pareillement, Saint Silouan du Mont Athos conseille de ne pas accomplir de choses avant et après lesquelles nous ne pouvons pas dire une prière. Cela veut dire que le bien que l’on accomplit est authentique uniquement s’il est compatible avec la prière.

Bien entendu, il s’agit d’abord de la prière de la personne humaine unie à Dieu, celle qui est aidée par l’Esprit Saint, dont Saint Paul dit qu’il prie lui-même pour nous avec des « gémissements ineffables » (Romains 8, 26). Il s’agit ensuite de la prière que nous lisons ou récitons par cœur et dont nous suivons attentivement les mots et dont nous souhaitons l’accomplissement avec beaucoup d’ardeur. Quand nous récitons par exemple le « Notre Père » et nous disons « que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au ciel », nous devons comprendre la Terre entière, c’est-à-dire en prenant en compte nos ennemis. « Ainsi, la prière que le Seigneur met sur nos lèvres et dans notre cœur a l’ambition d’un changement radical, le changement de la terre en ciel. Que tous et tout deviennent ciel » (Archevêque Anastase, Mission sur les traces du Christ, éditions Apostolia 2021, p 20-21).

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